Chronique 35.
Délices carnés.
Pour cette nouvelle page, j’ai choisi un sujet léger. Parce que je suis d’humeur légère ces jours. Il fait beau, le printemps est là, les arbres sont en fleur et la sève monte tant chez les végétaux que chez les animaux.
En parlant de sève animale, celles des humains monte en flèche aussi. Apparemment, il y a un lien étroit entre les saisons, la nature et les humains. Bien des études disent que l’homme est devenu moins sensible au temps, même si la lumière influence le comportement de mes semblables. Lorsqu’il fait froid et gris, nous sommes moins enclin à sourire. Lorsqu’il fait chaud et ensoleillé, nous devenons plus entreprenant et heureux.
Depuis quelques temps, le printemps est enfin arrivé après un interminable hiver et nos sens se sont réveillés. Nous avons de sortir, rencontrer du monde, profiter de chaque instant. Et c’est justement en profitant de ces
instants, qu’on rencontre des gens étonnants. Mon chemin a croisé celui d’un homme qui vient de loin, avec un accent rempli de soleil. Nous avons finalement concrétisé un soir de printemps, après de longues palabres
informatisées.
Nous nous sommes vus chez lui, et les choses sont allées vite. Un regard, une main, une caresse. Des langues qui se croisent, les pantalons qui tombent, des mains curieuses. De minute en minute, l’ambiance se réchauffe,
la température monte. Ce n’est plus le printemps, c’est l’été. La chaleur monte et ce n’est pas la seule chose à monter.
Sans dessus dessous, nous nous mélangeons. Nous imprégnons le canapé de nos mouvements, de notre sueur. C’est la fournaise estivale. Devant, derrière, dessus, dessous, de côté, dans tous les sens. Ca continue, ça ne s’arrête pas. Des coups, encore des coups de reins, sans cesse.
Sans cesse que cela en devient douloureux. Il en redemande, encore et encore. Un vrai lapin en manque, sa virilité en pleine action, vigoureuse comme un chêne. Comme un paysan qui laboure son champs de toutes ses forces, pour y planter les graines de l’avenir.
Le temps est venu de faire une pause dans les champs labourés et d’arroser la terre. Le liquide fertilisant la terre toute retournée inonde les alentours. Le repos du guerrier, enfin. Les tensions se relâchent, les corps se délient.
L’automne est là. La chaleur s’en va, la sueur s’estompe. Il est temps de s’en aller. Il me propose une douche, que j’accepte. Les muscles tendus, je me hisse dans la baignoire. L’heure qui vient de s’écouler m’a parue
interminable. Bien que nous ayons conjointement trouvés notre plaisir, je reste un peu sur ma fin. Non pas que cela n’a pas été bon, mais que je n’aime pas être labouré à ce point.
Alors que le printemps est enfin arrivé, je profite de la vie, comme elle vient. Avant aussi d’ailleurs et j’ai croisé la saison dernière, en plein hiver, un amant capable de faire aussi bien que celui-là, capable de faire fondre un iceberg, dans la douceur la plus agréable, aussi attentif à son plaisir qu’au mien. Voilà ce qu’il faut. Malgré la grisaille hivernale, malgré le réveil printanier, cette règle doit rester primordiale. Faire attention à l’autre autant qu’à soi. Peu importe la saison, peu importe l’humeur de la nature, il faut faire attention à soi et à autrui.
A bon entendeur…