Chronique 33.
Cerveau et plan cul? Incompatibilité démontrée.
Pour la suite du conte d’horreur (l’opposé du conte de fée), je vais aborder cette fois une rencontre positive, car il ne sert à rien de rester sur une note négative.
Après quelques parties de jambes en l’air foireuses, n’ayons pas peur des mots, un rayon de soleil est venu égayer mes nuits fauves.
Par une soirée de fête nationale, un apéro imprévu s’est ajouté à mon agenda. Je me suis préparé en vitesse et j’ai rencontré mon hôte. Le cadre de cette rencontre, un immeuble ancien, un appartement ancien, un canapé lounge, une bouteille de vin rosé et de quoi grignoter. Une vue sur la cathédrale à faire d’un incroyant comme moi un fervent prêcheur de la beauté divine!
Nous avons bu, discuté, ri, mangé. Après quatre heures passées ensemble, nous nous sommes dit au revoir. Il m’a pris dans ses bras, au dépourvu, sans crier gare. Un bisou de bonne soirée. Surprise. Si je ne suis pas préparer à ce genre de chose, je ne suis pas la personne la plus chaleureuse, quand bien même j’en ai envie. Au pied des escaliers, de nouveau ses lèvres sur les miennes. Deux fois.
Nous restons en contact. Textos, chat, appel. Ce grand garçon de quarante ans me trotte dans la tête comme une mélodie agaçante. Agaçante car il est en vacances deux semaines et je n’arrive pas à me le sortir de l’esprit. Il n’est pas vraiment mon genre de garçon, mais je sens une attirance forte pour lui.
Je n’attends qu¹une chose : que ses vacances se terminent pour pouvoir le revoir. Nous donner l’occasion d’un second rendez-vous, et voir ce qu’il adviendra.
Curieusement, je n’ai pas envie de sexe avec lui. Attention, entendons-nous bien. Si cela se présente, je ne dirai pas non. Mais ce n’est pas mon attente première. Pour une fois que je n’ai pas envie de baisser le caleçon d’un mec, c’est une raison pour le souligner.
Je suis comme ça. Si je sens qu’on peut avoir du sexe, je la prends et c’est fini. La personne perd son attrait relationnel. Ce sera du cul pour du cul. Si je sens qu’il y a plus, cela me bloque et, malgré de légers essais, cette personne devient digne d’être observée plus en détail. Vous devez me trouver ignoble de penser comme ça. Je fonctionne de cette façon. Je différencie plan cul de plan relationnel.
Il me faut, de toutes les manières qu’il soit, éprouver des sentiments d’amitié, si d’amitié on peut parler dans ce cas, pour coucher avec un mec. Je ne peux pas faire de vrais plans culs, genre j’arrive, on baise et fini. Je veux pouvoir discuter un peu, connaître l’autre et après baiser. Je suis un garçon cérébral en fin de compte.
Avec mon quadra, dont vous n’aurez pas le nom, la cérébralité est là. On peut parler de tout, regarder un film, siroter un verre et profiter du temps. Il me manque. Suis-je aveuglé par cet espoir de relation que je décèle ici? Probablement. Serais-je déçu si cela échouait? Assurément.
La suite est à voir dans une semaine, lors de son retour. Peut-être m’aura-t-il oublié. Peut-être aura-t-il rencontré quelqu¹un. Je ne suis pas devin, mais j’aspire secrètement à une nouvelle rencontre. Un nouveau baiser tendre sur la bouche. Une complicité nouvelle et qui sait ce que l’avenir me réservera. Je suis peut-être le suivant sur la liste de Cupidon.