Chronique 34

Chronique 34.

 

Se faire avoir par ses propres envies.

 

Il était une fois un jeune homme qui appréciait les plaisirs de la vie, rencontrer ses amis et les hommes. Son attrait pour cette dernière catégorie l’a mené à croiser le chemin de personnes multiples et intéressantes.

Cependant, une chose lui manquait cruellement après certaines rencontres.

Ce joli début de conte de fée fait écho à mes propres expériences, celles d’un jeune homme de 27 ans, tiraillé entre son envie de fonder une relation basée sur la fidélité et la confiance et son attrait pour la découverte du corps de ses amants. Pourquoi par moment ai-je envie de vulgairement tirer un coup et d¹autres fois non? Je ne suis finalement qu’un simple mortel, laissant libre court à ses pulsions de mâle en rut.

Cette chronique ne s’axe pas sur ma recherche du fameux « +1 », mais plutôt sur mon irrépressible envie de sexe par moment. Le feuillet du jour sera donc plus chaud qu’à l’accoutumée. Je crois bien qu’il y aura aussi un peu de romantisme, car sans cela, je pense que je mourrai.

Donc, après avoir cédé à l’appel du sexe il y a quelques jours, je m’en suis mordu les doigts. Non pas parce que je ne suis pas arrivé à mes fins, mais bien parce que je pense que je suis dans une phase où le cul commence à me lasser. Attention, je n’ai pas dis que je n¹aimais plus, juste que je pense qu’intérieurement, mon corps, mon cœur, mon esprit ont besoin de passer au stade supérieur. Pas de mysticisme, pas de New Age. Je pense que je veux juste rencontrer un mec bien, qui m’aime pour ce que je suis, pour qui je suis et pas juste pour un vibromasseur géant, une poupée gonflable vivante.

Donc, mon dernier plan cul terminé, enfin, surtout moi, car lui n’a pas joui, je me suis questionné. C’est un gentil garçon, mais diamétralement opposé à moi. Je crois juste qu’il était là pour assouvir mon besoin de sexe sur le coup, alors qu’il n’y à rien à attendre de cette relation.

Dans mon entourage, tout le monde se case. Mes plans culs se raréfient car ils rencontrent tous celui qu’ils cherchent. Suis-je juste un entre-deux, un passage entre vice et vertu? Je vois mon cheptel d’amants trouver chaussure à leur pied alors que moi, je galère à trouver ma chaussure. Je ne demande pas une chaussure de luxe. Je ne demande pas le ciel. Je veux juste une relation dans laquelle je pourrai m’épanouir, me sentir à l’aise, heureux. Vingt-sept ans de célibat, n’est-ce pas assez? Quand sait-on que c’est le bon? L’ai-je laissé filer?

Comme je le disais, marre de n’être qu’un trou, une main géante pouvant satisfaire les plus gourmands. Oui, j’aime le sexe. Oui, j’aime les préliminaires. L’avant, le pendant, l’après. J’ose espérer que je ne me résume pas à ma capacité à faire jouir mes amants. Pour certains, je ne suis bon qu’à ça et cela commence à me taper sur le système. Existe-t-il un moyen pour enrayer ce cercle vicieux? Enlever tous ces mecs de mes contacts msn?

Cela serait déjà un début. Alors pourquoi n’y arriverais-je pas? Peut-être par faiblesse. Peut-être par peur de rater quelque chose. Peur de me retrouver seul.

C’est bien beau de sucer des queues, mais qu’est-ce que cela m’apporte au final? Ce terrible sentiment qui me ronge un peu plus chaque jour. Cette solitude qui gagne du terrain. Ce manque qui grandit. Paradoxe final : je continue à chercher ces sex dates. Je ne fuis pas le monde virtuel. Cette relation est malsaine, mais je n’arrive pas à la quitter. Comme un amant improbable, comme une source d¹oxygène. Je vis. Je baise. Je déprime. Triste quête.

There are no comments on this post

Leave a Reply