Chronique 21. Chips & Co.


Chronique 21.
 
 
Chips & Co.
 
 
L’une de mes premières chroniques parlait de chiens et de leur maîtresses, au petit soin! En ce temps là, j’étais chômeur et maintenant, je n’ai plus le loisir d’observer ces vieilles dames et leurs roquets.
 
Mon analyse sociale (et futile) a donc changé de cible et de lieu d’étude. Je peux me livrer à mes digressions dans le train, entre Genève et Lausanne ou l’inverse, toujours armé de mon petit G3.
 
Comme chaque matin, pour aller travailler, je prends mon intercity, qui entre nous soit dit, n’est pas forcément toujours ponctuel… Bref! Je m’installe, mange mon croissant, lis mon quotidien rapide, allume mon ordi.
 
Certes, je mets quelques miettes par terre (oups… désolé…), mais j’utilise ma serviette pour mes petits doigts gras (à cause du croissant), et enlever les miettes aux coins de ma bouche.
 
S’installe un grand gaillard sur la série de sièges à côté. Jusque là, pas de soucis. Je reconnais un bruissement métallisé et un “scruntch scruntch” familier : DES CHIPS! D’accord, c’est 10h30, le temps de la viennoiserie est un peu limite et pour les chips, je trouve un peu tôt. Chacun fait comme il veut, après tout.
 
Que l’on mange près de moi ne me gène pas. Le froissement du paquet non plus. Ce qui me fait tilt, c’est un autre bruit: “slurp slurp” ou quelque chose d’approchant!
 
Le monsieur se suce les doigts, après avoir terminé son paquet. Ça, ça me fait tilt! Les serviettes? connaît pas? Ha si, il connaît! SON PANTALON synthétique, genre K-way. Trop cool pour s’essuyer les mains. C’est élégant!
 
Il a au moins la politesse d’enlever ses chaussures pour poser ses pieds sur la banquette. Après, qu’il se vautre sur la banquette, c’est un autre problème, mais tous le monde a dormi dans un train, alors voilà.
 
Cela ne me viendrait pas à l’idée de m’essuyer les doigts sur la nappe d’un restaurant ou lorsque je suis invité chez quelqu’un. Un minimum de savoir vivre, à la maison ou dans un train! J’admets que j’aime bien observé les gens ainsi que leur comportement hors de leur microcosme intime. Et ceci est un flagrant exemple d’observation!
 
Je ne dis pas être parfait en toute occasion, mais j’essaie de faire de mon mieux, surtout lorsque je me trouve dans un lieu publique. Je pense que je passe pour un fou furieux maniéré, et je tiens à rassurer celui ou celle qui lira ces lignes, ce n’est pas la cas!
 
Au final, mon train arrive en gare de Genève, et le grand gaillard s’adresse à moi. Il me demande l’heure. Je remarque dans son regard qu’une ou deux ampoules sont éteintes. Pas de sa faute, me dis-je. Et quand il chantonne sans musique aussi. Oui, ça, ce n’est pas un critère, car cela m’arrive aussi de chanter ou de penser à basse voix.
 
Il y a des ampoules en moins chez moi? ou ai-je trop de choses en tête, en même temps et que ça sort, sans que je m’en rende compte? Va falloir que je mène l’enquête auprès des gens que je connais pour en avoir le cœur net, sinon le doute s’insinuera vicieusement en moi, et je ne m’en débarrasserai que difficilement!

There are no comments on this post

Leave a Reply