Chronique 19.
Fenêtre sur cour.
Certaines personnes le savent, j’ai déménagé. Je suis maintenant au centre-ville et c’est juste génial! Je suis en retrait d’une rue commerçante, donc le bruit n’atteint pas mon “chez-moi”. Par contre, je donne sur une sorte de cour intérieure, formée par les immeubles du quartier.
Je suis au rez-de-chaussée et j’ai donc une vue panoramique sur mes voisins. Cette situation me donne l’impression de pouvoir recréer et rejouer un célèbre film d’Hitchcock, qui donne son titre à la chronique du moment.
En effet, je peux voir ce qu’il se passe sur la terrasse du café adjacent à mon salon, mais aussi, ce qu’il se passe dans les appartements de l’immeuble en face. Pour mes voisins de droite, je ne vois pas grand chose, mais j’entends. Et croyez-moi, les orgasmes de la voisine sont intenses. Un vrai film porno! Est-ce qu’elle simule ou la personne qui la fait grimper au septième ciel est vraiment doué?
L’immeuble en vis-à-vis du mien fait travailler mon imagination! Il est difficile de me rendre compte de la disposition des appartements et de la cage d’escalier. Un des voisin fume sa cigarette agenouillé sur le rebord d’une petite fenêtre, me rappelant une cage d’escalier. Si j’y pense, qui fumerait dans un tel endroit?
Son voisin du dessous m’a gardé réveillé un petit moment, car son plafonnier n’est pas économique et tapait dans mon œil gauche l’autre nuit. J’ai regardé et je l’ai vu se balader à torse nu, rangeant des vêtements. Était-il seulement torse nu? Impossible de le savoir, la fenêtre ne me laissait pas le découvrir.
Le dernier voisin qui m’intrigue est celui du dernier étage, au-dessus de Monsieur Torse-Nu. Un dimanche, après une soirée bien arrosée, je me suis levé vers 13 heure. J’ai vu que ça bougeait à son niveau, alors j’ai braqué mes yeux dans sa direction. Grande surprise que de le découvrir nu comme un vers et, malgré les plantes vertes, j’avais une vue complète sur son anatomie. Rien à dire!
Mes deux exhibitionnistes ont tous les deux une femme dans leur vie, car elles ne sont jamais bien loin. Quelle dommage d’ailleurs! La vie est drôle mais parfois injuste. A part ça, ces lucarnes ouvertes sur la vie de ces anonymes peuvent laisser un esprit vagabonder. Qui n’a jamais songé à quoi ressemblait la vie de ses voisins?
Par petites bribes, je me familiarise avec eux. De loin pas au courant de leurs activités hors logement, c’est drôle d’essayer de créer des scenarii. Que font-ils? Qui sont-ils? Un vrai scénario de cinéma à écrire, comme le film d’Hitchcock. Quand le personnage principal, cloué sur un fauteuil, observe l’immeuble d’en face et soupçonne un meurtre. Aidé par son amie, la sublime Grace Kelly, ils vont reconstruire un puzzle que j’aurais bien du mal à reconstituer, vu que je ne suis pas en fauteuil roulant et que Grace Kelly n’est plus.
Ayant une imagination fertile, j’essaie de voir plus loin que ces fenêtres. J’essaie de pénétrer ces lieux, d’imaginer ce qu’il peut bien se passer, là, en face. C’est Big Brother en live, frustrant car il n’y a pas de résumé quotidien. Il faut sans cesse renouveler les histoires, comme dans chacune de nos propres vies.
Et si ces personnes faisaient de même avec moi?
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on juillet 16, 2008 at 8:57 and is filed under Uncategorized.
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