Chronique 36.
Au détour d’une exposition.
Cette fois-ci, un feuillet particulier. Bien que chacune de ces modestes chroniques ne se ressemblent guère, il est bon parfois de faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire.
J’avais déjà fait une page pour un ami qui partait à l’autre bout de la planète pour son travail. Aujourd’hui, c’est pour un voisin de quartier.
Comme à mon habitude, je vaque à ma recherche de mon “+1″ sur internet. Comme à mon habitude, il n’y a pas grand chose de consistant. Comme à mon habitude, j’attire le troisième âge ou les enragés du boxer. Je ne vais pas faire ma vierge effarouchée quant à la seconde catégorie car j’ai toujours appris à goûter de tout. Pour le troisième âge, désolé d’en vexer certains, mais ça ne me branche pas du tout. Je m’arrête aux quadras. Là n’est pas le propos du jour. Ma vie sentimentale houleuse a déjà l’objet de précédentes chroniques alors on passe à autre chose.
Donc, j’en reviens au sujet du jour. Il y avait une exposition que je voulais voir mais pour laquelle je n’ai jamais réussi à trouver du temps. Je m’étais fixé une date buttoir, qui coïncidait avec le dernier jour de mes vacances. J’étais bien motivé à y aller seul, cependant c’était sans compter ce coquin de Hasard, qui fait finalement bien les choses.
Le Hasard m’a fait croiser la route cybernétique d’un homme qui a un chemin qui me plaît. Loin d’être bête, intéressant, cultivé, sympathique et artiste. Il est photographe. Après de longues conversations électroniques,
l’heure est venue de passer au monde réel. Une ampoule s’allume dans ma petite tête et voilà que je lui propose de venir voir l’exposition en question, des photographies de Los Angeles sur près d’un siècle. Il accepte.
Bien que nerveux, je me dis que rien ne vaut la vraie vie, comparée aux pixels de mon ordinateur. Et puis, ça me fait plaisir et ça me changera. Pour une fois que ce n’est pas dans l’optique d’un plan, mais d’une relation
amicale, cela peut être enrichissant.
Rendez-vous pris, jour J. Je descends au musée et comme je suis en avance, c’est merveilleux, je décide de prendre un peu le soleil, assis sur un des bancs du parc. Je laisse mon visage se faire lécher par les rayons de mon astre ( je suis du signe du Lion, pour ceux qui me prendrais pour un illuminé). Cette dernière journée de vacances s’annonce sous les meilleurs auspices. Vient l’heure H. Je le vois avec son gros appareil photo autour du coup et son sourire. Et nous entrons.
Après une heure à déambuler dans les couloirs et les étages, nous ressortons et allons prendre le métro. Tout en marchant, nous discutons. Comme à mon habitude, je ne me livre guère la première fois mais c’est une sensation agréable que de passer un moment avec lui. Tout à l’air si facile, si normal. Comme si nous nous connaissions déjà. Il a un shooting prévu un peu plus tard et nous prenons le temps de boire quelque chose. Nous continuons à discuter, il me montre ses photos. Le temps passe vite. Il me parle de ses projets, je lui parle peinture.
Nous nous quittons sur la promesse de nous revoir pour boire un verre, discuter. Aucune ambiguïté à ce nouveau rendez-vous. De l’amitié, c’est tout. Nous nous quittons devant chez moi et j’ai le sourire. Je suis
content. Lui aussi apparemment. Je n’espère rien de plus qu’une nouvelle amitié, commencée sur des bases saines. Je me réjouis de le voir à nouveau et partager d’autres choses.
Si tu lis ces quelques lignes, merci pour cet après-midi. A bientôt je l’espère!